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Dernière modification : 14 novembre 2017

Federico De ROMANIS

Université de Rome « Tor Vergata » (Italie)
Invité de l’AOrOc – novembre et décembre 2017

 

Federico De ROMANIS - invité novembre décembre 2017

 

 

Durant les mois de novembre et décembre 2017, le labex TransferS et Jean Trinquier (AOrOc) accueillent Federico De ROMANIS, du Département d’études littéraires, de philosophie et d’histoire de l’art, Université de Rome « Tor Vergata » (Italie).

 

 Le commerce avec l’océan Indien dans l’Antiquité : aspects logistiques, juridiques et économiques

Le commerce du poivre a été, dans l’Antiquité et bien au-delà, l’épine dorsale des échanges commerciaux entre d’un côté l’océan Indien occidental, et de l’autre la Méditerranée, puis dans un second temps l’Europe atlantique. Toute une série de données nouvelles, acquises non seulement grâce à de récents chantiers archéologiques, mais aussi par la patiente relecture de sources textuelles qui avaient été jusqu’ici sinon mal comprises, du moins sous-utilisées, a jeté une lumière nouvelle sur un moment crucial et pour ainsi dire initial de cette longue histoire des rapports commerciaux entre l’Inde méridionale et l’Occident, à savoir les deux ou trois premiers siècles de notre ère, qui ont vu l’organisation d’un grand commerce extérieur à longue distance, que l’État romain a soutenu en lui fournissant un appui logistique, diplomatique et militaire, et qu’il a d’autre part exploité en le soumettant à une lourde taxation.

C’est à ce moment crucial des rapports commerciaux entre l’Inde et le monde méditerranéen que Federico De Romanis, spécialiste de l’histoire économique de l’Antiquité et professeur au Département d’études littéraires, philosophiques et d’histoire de l’art de l’Université de Rome 2 Tor Vergata, consacre ses recherches actuelles (voir bibliographie), en se concentrant notamment sur un document fondamental, le P. Vindob. G 40822, un papyrus fragmentaire de provenance égyptienne qui peut être daté, pour des raisons paléographiques, du IIe s. de notre ère. Ce document permet de préciser sur de nombreux points les aspects logistiques, juridiques et économiques du commerce à longue distance entre Méditerranée et océan Indien et il est riche d’enseignements non seulement sur le poivre, mais aussi sur d’autres produits orientaux comme l’ivoire d’éléphant.

Le contrat de prêt qui figure au recto de ce document ne permet pas seulement de préciser des aspects logistiques cruciaux qui sont propres aux entreprises commerciales directes avec l’Inde méridionale, il éclaire également la procédure de restitution des prêts maritimes, permet de préciser le contexte économique et financier qui a favorisé depuis Alexandrie ces entreprises commerciales transocéaniques, et révèle pour finir les solidarités qui se cimentent entre élites financières et cercles commerçants en adaptant les formes traditionnelles du prêt maritime méditerranéen aux spécificités du commerce direct avec l’Inde.

Sur la partie conservée du verso de ce même papyrus figure, à des fins évidemment fiscales et suivant une série de prix conventionnels, le calcul de la valeur monétaire des trois quarts de la cargaison d’un navire, l’Horapollon, de retour d’Inde méridionale. Il s’agit selon toute vraisemblance de l’entreprise commerciale financée par le contrat qui figure sur le recto du papyrus. L’étude attentive des particularités du texte permet de définir dans leurs plus petits détails les mécanismes qui régissent le uectigal maris Rubri, les taxes douanières qui pèsent sur les marchandises en provenance de l’océan Indien et en transit par l’Égypte, marchandises qui représentent une part importante des recettes de l’État romain. D’autre part, la composition de la cargaison de l’Hermapollon, qui comprend du poivre, du malabathrum, du nard gangétique, de l’ivoire (défenses entières et fragments) et probablement aussi de l’écaille de tortue, présente l’intérêt non seulement de révéler une partie des connexions commerciales internes au sous-continent indien, mais aussi et surtout de prouver, avec ses 550 t environ de poivre, les remarquables capacités productives et commerciales de l’antique Limyrike. Cette indication fournie par le papyrus de Vienne permet d’établir des comparaisons avec des moments plus tardifs de la longue histoire du commerce du poivre et, en dernière analyse, d’en proposer une périodisation précise, allant de l’Antiquité jusqu’au début de l’époque moderne.

 


Travaux du professeur Federico De Romanis sur le commerce du poivre dans l’Antiquité

  • Structural aspects of a commercial enterprise to Muziris (on SB XVIII 13167 again) Topoi. Supplément, in press.

  • Comparative Perspectives on the Pepper Trade in F. De Romanis/ M. Maiuro, Across the Ocean. Nine Chapters on Indo-Mediterranean Trade, Columbia Studies in the Classical Tradition, Brill New York, 2014, p. 127-150.

  • Time to Repay a Maritime Loan : A Note on SB III 7169 and SB XVIII 13167 Recto, “Sileno” 40 (2014), pp. 73-89.

  • On Dachinabades and Limyrike in the Periplus Maris Erythraei. In M.-Fr. Boussac, J.-Fr. Salles et J.-B. Yon (eds.), Autour du Périple de la mer Érythrée, Topoi. Supplément 11 (2012), p. 329-340.

  • Julio-Claudian Denarii and Aurei in Campania and India, “Annali dell’Istituto Italiano di Numismatica” 58 (2012), pp. 161-192.

  • Playing Sudoku on the Verso of the ‘Muziris Papyrus’ : Pepper, Malabathron and Tortoise Shell in the Cargo of the Hermapollon, “Journal of Ancient Indian History” 27 (2010-11) [2012], p. 75-101.

  • ’Misura’ della tetarte a Palmira. Una rilettura di PAT 2634, “La parola del passato”, 59 (2004), p. 460-475.

  • Commerciometrologiafiscalità. Su P. Vindob. G 40.822 verso, “Mélanges de l’Ecole française de Rome. Antiquité” 110 (1998), p. 11-60.

  • (with A. Tchernia) Crossings : Early Mediterranean Contacts with India, New Delhi : Manohar Publishers & Distributors, 1997.

  • Cassia, cinnamomo, ossidiana. Uomini e merci tra Oceano Indiano e Mediterraneo,L’Erma di Bretschneider, Saggi di Storia Antica, 9, Roma 1996 (reprinted in 2006 with an Introduzione of G. Cresci Marrone).

 

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