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Dernière modification : 13 avril 2017

Atlas des techniques de construction dans le monde romain

Hélène DESSALES – AOrOc
Depuis 2013

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Dans une perspective d’analyse des transferts culturels, il s’agit de mettre en évidence les phénomènes de création et de circulation des techniques dans l’empire romain, sur un large champ chronologique et géographique, par le développement d’un atlas des techniques de construction dans le monde romain.

 

L’atlas s’appuie sur une base de données associée à une exploitation cartographique sous forme dynamique. Fondée sur des critères de distinction normalisés, la base de données mise en place vise à recenser les données relatives aux éléments de construction, en les inscrivant dans leur contexte géographique et chronologique et en mettant en évidence les différentes phases de construction.

L’objectif est ainsi de rassembler les différentes données réunies dans une base de données commune, accessible en ligne, associée à une cartographie des éléments disponibles (plans archéologiques, cartes géologiques) et à un dictionnaire/manuel expliquant les choix terminologiques adoptés et le mode d’utilisation de l’atlas.

 

Au cours des années 2012-2014, le protocole d’analyse nécessaire à la mise en place de la base de données a été défini par l’équipe internationale impliquée dans le projet.

L’interrogation de la base de données suivra la structure suivante, par effet de zoom : territoire / site / édifice / intervention de construction / élément de construction. Les champs de la base de données spécifiquement consacrés aux techniques de construction ont été sélectionnés en suivant la logique des étapes d’un chantier, afin de restituer le plus possible les stratégies d’édification employées par les bâtisseurs antiques : fondation, mur (ou pilier, colonne, contrefort), couvrement (par ex. plancher), couverture (par. ex. voûte), baie, structure de service (escalier, structure hydraulique, structure de chauffage). Les listes de saisie font appel à des catégories de description objectives, afin de caractériser les techniques de construction, en particulier les appareils des murs, sans recourir aux typologies préétablies, largement tributaires des définitions énoncées dans le traité de Vitruve et souvent peu significatives face à réalité matérielle. De la combinaison de ces différents paramètres résultera une nouvelle typologie des techniques de construction romaine, qui constitue toute l’originalité scientifique du projet.

 

Les sites qui constitueront les premières références de l’atlas en 2015 sont désormais définis : il s’agit de Pompéi, Rome, Ostie, Aquilée, Mérida et Italica.

Le site de Pompéi sert actuellement de terrain expérimental, sur deux échelles différentes : d’une part, à l’échelle d’un édifice, avec le cas de la Villa de Diomède, objet d’une recherche pluridisciplinaire (AOrOc - Centre Jean Bérard) ; il s’agira d’enregistrer tous les éléments de construction de cette grande villa (3500 m2), en percevant leur évolution du IIe siècle av. J.-C. à 79 ap. J.‑C., et de les cartographier – première étape d’un atlas évolutif des techniques de construction à Pompéi ; d’autre part, à l’échelle du site (64 ha), en caractérisant et cartographiant de façon systématique toutes les interventions de reconstruction suite au tremblement de terre de 62/63 ap. J.-C., facilement identifiables par l’usage d’un matériau spécifique d’origine non locale (des tuiles retaillées provenant des Champs Phlégréens) – première étape d’un atlas des techniques de construction anti-sismiques à Pompéi.

 

Le Système d’Information Géographique commun à l’ensemble du projet permettra de faire le lien entre les différentes données mobilisées pour l’étude des techniques de construction sismo-résistantes, et de développer une approche réellement multi-scalaire. L’intégration dans ce système commun des données planimétriques de site, de relevés effectués sur le terrain et le croisement avec la base de données OPUS aboutira à la cartographie archéologique de techniques de construction spécifiques. Cet atlas autorisera l’approche spatiale des questions liées aux techniques de construction et leur valorisation. En effet, les couches d’informations produites dans des formats standards et interopérables viendront alimenter un atlas des techniques de construction post-sismiques à l’échelle locale et urbaine de Pompéi ainsi qu’à une échelle plus régionale.

 

Par la mise en commun des données disponibles et par la mise en évidence de phénomènes d’interactions à l’échelle de l’empire, l’atlas envisagé permettra de définir, d’analyser et de visualiser les analogies et les spécificités des divers types de techniques dans les différentes régions de l’empire romain. Il pourra également constituer le support méthodologique d’un dialogue engagé avec des spécialistes de la construction, pour l’Antiquité ainsi que pour d’autres périodes historiques.

 

En savoir plus : Économie et techniques de la construction romaine

 

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