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Dernière modification : 15 janvier 2018

Transferts culturels - colloques à l’international

Depuis 2013

  Sommaire  

 

 Izmir entre Orient et Occident

Novembre 2015
Izmir from Past to Present : Human and Cultural Interactions
Colloque co-organisé par le labex TransferS, l’Ege University (Izmir, Turquie), les archives de Smyrne, la Fondation Arkas, l’Institut français d’études anatoliennes et l’Ecole française d’Athènes

 

Depuis sa fondation par des Grecs « Eoliens » à la fin du deuxième millénaire avant J.-C., Smyrne a été, de par sa position géographique très particulière, un lieu de rencontre privilégié entre les cultures d’Europe et d’Asie. Cela en a déterminé son histoire jalonnée à la fois de longues périodes de prospérité économique, de moments privilégiés de mélanges culturels féconds et originaux, mais aussi de grandes tragédies collectives qui en ont fondé l’identité et compliquent encore aujourd’hui la prise en compte équilibrée et apaisée de toutes les composantes de son histoire.

Le terme de transfert s’y décline ainsi de toutes les manières, de celui des marchandises qui y passent – de l’encens perse acheminé par Sardes au coton ottoman exporté jusqu’à Marseille – à celui des populations brutalement déplacées à la suite d’invasions, de tremblements de terre, d’épidémies qui ont émaillé l’histoire de la ville de manière souvent si dramatique – le siège des Lydiens d’Alyatte à la fin du VIIe siècle avant J.-C., le transfert de la population dans la nouvelle Smyrne au IVe siècle,l’exode des Grecs de Turquie en 1922 - , jusqu’aux formes les plus raffinées de transferts culturels dans tous les domaines de la vie urbaine, pendant toute l’histoire de la ville : modes vestimentaires hétéroclites, formes musicales hybrides, rencontres improbables des communautés tour à tour - etsouvent simultanément - grecque, lydienne, perse, latine, byzantine, turque seldjoukide, franque, levantine, juive, arménienne, … d’où étaient issus tous les hommes de culture qui y ont vécu, depuis Homère dit-on. Aboutissement d’itinéraires à très longue distance : ceux qui venaient de l’Orient à travers la Route Royale perse, qui fut auparavant empruntée par les Phrygiens et reprise ensuite lors des soubresauts politiques et militaires de l’époque hellénistique ; ceux qui amenaient d’Europe les voyageurs qui mettaient là le pied en Asie, comme Choiseul-Gouffier, les premiers archéologues, comme les inventeurs del’autel de Pergame ou des terres cuites de Myrina, qui ont parcouru la région et transformé en textes à mi-chemin de la littérature et du traité scientifique la description d’une ville où le présent se mêlait au passé.

Le dynamisme des études récentes permet de jeter un regard nouveau sur ce terrain privilégié de l’étude des transferts culturels que constituent les différentes Smyrne successives – l’ancienne Smyrne ionienne mise au jour dans la première moitié du XXe siècle à Bayraklı, lieu fondateur de la nouvelle archéologie turque à l’époque d’Ekrem Akurgal ; la nouvelle Smyrne hellénistique et romaine, dont le quartier de l’agora, encore en cours de dégagement, sera présentée sur place par son directeur actuel, Akın Ersöy ; l’Izmir contemporaine et ses mutations urbanistiques, économiques et politiques complexes qui se manifestent si clairement depuis une décennie (avec par exemple la construction en cours du gigantesque port industriel de Çandarlı dans ce qui deviendra la lointaine banlieue nord de la métropole). Il sera intéressant également de donner uneplace aux époques moins bien connues, pendant les périodes byzantine et ottomane, qu’étudient plus particulièrement les collègues historiens d’art des deux universités d’Izmir. De revenir aussi sur les stratifications architecturales dans l’espace urbain, encore visibles malgré les destructions successives et grâce aux programmes récents de mise en valeur des bâtimentsanciens, des plus connus, comme ceux de Gustave Eiffel, aux plus modestes.

Le colloque s’appuiera sur des initiatives scientifiques récentes, comme celles coordonnées par Jean-Luc Maeso à l’Institut culturel français puis à la fondation culturelle Arkas : notamment l’exposition « Smyrne aux 18e et 19e siècles : regards occidentaux » (Izmir, 2013) qui a été l’occasion de faire sortir une quantité considérable d’archives et de documents inédits sur la Smyrne multiethnique de l’époque ottomane et de l’ouverture à l’Occident. Grâce au partenariat avec l’Ecole française d’Athènes, on aura accès à la riche documentation du centre d’études micrasiatiques d’Athènes et aux très riches perspectives offertes par les études récentes sur la place particulière de l’hellénisme smyrniote dans la construction de l’identité grecque contemporaine (pas seulement à travers la musique – le rébétiko, qui vient de faire l’objet d’un doctorat à l’EFA).

Du point de vue de l’archéologie, très vivante à Izmir actuellement, le colloque bénéficiera de l’aide d’un des meilleurs connaisseurs actuels de Smyrne, l’architecte Didier Laroche, ainsi que des collègues des deux universités, où se trouvent les directeurs des fouilles de l’ancienne et de la nouvelle Smyrne ainsi que de plusieurs des grandes cités grecques voisines, et du musée archéologique. Les traditions mythiques autour de la fondation, de la figure d’Homère entre Eolide et Ionie, des relations ambiguës avec la Lydie et le monde perse ont fait l’objet de travaux philologiques remarquables dans les dernières années, qui n’ont pas eu la diffusion qu’ils mériteraient. Le colloque sera l’occasion d’y revenir. On étudiera aussi, pour les époques plus récentes, la manière dont les littératures grecque et turque envisagent la juxtaposition et la rencontre de groupes nationaux qui caractérisaient l’ancienne vie de Smyrne.

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