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Dernière modification : 6 avril 2017

Traduire Zola, du XIXe siècle à nos jours

Sophie GUERMÈS – ITEM
Depuis 2016

Résumé

Émile Zola a été, de son vivant, l’un des romanciers français les plus lus dans le monde, grâce à la diffusion rapide de ses romans en traduction. Par comparaison, Tolstoï dut attendre 1885 pour que la première traduction d’Anna Karénine (publié dans la presse russe de 1875 à 1877, puis en volume l’année suivante) paraisse en France ; et Guerre et paix (publié en Russie entre 1863 et 1869), bien que traduit dès 1879, ne fut édité en France qu’en 1884-1885.

Quelques études ont été menées, synchroniques, comme celles qui concernent les traductions des romans de Zola dans l’Angleterre victorienne, ou la réception et la traduction de Zola en Europe centrale de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle ; des articles diachroniques ont également été publiés, évoquant différentes traductions d’un même roman (Germinal et La Terre en Espagne ; La Curée en Pologne), dans un pays ou une langue, au fil du temps. Les cas restent isolés et il n’existe à ce jour aucun volume de synthèse posant les jalons d’une enquête plus vaste. Il reste donc de nombreuses pistes à explorer, qui permettront de commencer à élaborer cette synthèse. La première est celle de l’approche linguistique (fidélité stylistique ; rythme et poétique ; adaptations ; suppressions de passages, de mots, atténuations…), qui doit être menée depuis le début des traductions de l’œuvre de Zola jusqu’à nos jours, pour en faire ressortir les évolutions. La deuxième piste, sociologique, amènera à s’interroger sur les traducteurs, afin d’en esquisser une typologie ; on examinera aussi les pays dans lesquels on a le plus traduit Zola, et la fréquence du renouvellement des traductions. Les relations de Zola avec ses traducteurs et avec ses lecteurs étrangers constitueront le troisième volet de l’enquête. La correspondance de l’écrivain révèle surtout des questions d’ordre pratique, Zola fixant les tarifs, puis les délais de parution, et réfléchissant à la meilleure stratégie de diffusion, même s’il n’en maîtrise pas tous les rouages (notamment les comptes rendus dans la presse étrangère des romans traduits). Enfin, ce colloque analysera les traductions de Zola sous un angle moral, en étudiant les répercussions sur celles-ci du rôle des organes de censure (dans l’Église catholique aussi bien que dans les États totalitaires), et posera la question de l’influence de l’Affaire Dreyfus sur la diffusion de son œuvre (la première traduction d’un récit de Zola en hébreu date de 1898, année de J’Accuse).

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