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Dernière modification : 15 septembre 2017

Nguyen Thi Hanh

Hanoi National University of Education (Vietnam)
Invitée de TransferS – septembre 2017

Nguyen Thi Hahn - invitée septembre 2017

Dans le mois de septembre 2017, le labex TransferS accueille Nguyen Thi Hanh, du Département d’histoire de la Hanoi National University of Education (Vietnam).

 

 

Les questions frontalières sino-vietnamiennes et les impacts de la France sur ces questions

Les questions frontalières entre la Chine et le Vietnam existent de façon permanente dans l’histoire des relations des deux pays. Un facteur de complexité supplémentaire existe du fait des ingérences françaises.
Dans le dernier quart du XIXe siècle, le Vietnam et la Chine furent aux prises avec de gigantesques bouleversements : l’occupation des puissances occidentales, l’énorme crise qui ravagea la Chine du sud, le déclin par paliers de la puissance chinoise et la domination coloniale française au Vietnam. Les deux pays, tant la Chine que le Vietnam furent marqués par ces grands changements sans précédent et ceux-ci changèrent totalement des relations sino-vietnamiennes.
Le 6 juin 1884, avec le traité Patenôtre, le Vietnam se vit imposer le Protectorat par la France. Désormais la France prenait en charge les problèmes relatifs aux relations extérieures du Vietnam.
En dépit de la signature de ce traité, les Français n’avaient pas encore pu asseoir leur pouvoir sur le Vietnam totalement. Les difficultés que les Français ont rencontrées lors de l’occupation du Vietnam ont été principalement créées par la Chine. La Chine toujours considérait que l’Annam était son pays vassal et ne voulait pas reconnaitre le protectorat de la France sur l’Annam. Il fallait attendre jusqu’en juin 1885 quand le traité de Tientsin fut signé par la France et la Chine.
Ce traité non seulement mettait fin à la guerre franco-chinoise mais aussi constituait la reconnaissance par la Chine de la mainmise française sur le Vietnam.
Par ailleurs, le texte du traité de Tientsin abordait aussi la délimitation frontalière sino-vietnamienne. À partir de ce moment-là, les questions de frontière donc apparaissaient de plus en plus entre la France et la Chine. Ces questions comportaient les deux domaines suivants : les frontières terrestres et les frontières maritimes. Pour les frontières terrestres, le Vietnam et la Chine ont une frontière commune de plus 1400 km au Nord du Vietnam et au Sud-ouest de la Chine. Pour la frontière maritime, les deux pays se disputent sur les zone maritimes du golfe du Tonkin et sur les archipels Paracels et Spratleys dans la mer de Chine méridionale. La France, au nom du Vietnam, joue un rôle principal dans le processus de règlement de ces questions qui duraient depuis longtemps. Tout ce passé influence encore les discutions concernant les frontières entre la Chine et le Vietnam.

 

Programme des conférences
Les conférences auront lieu en français

  • Lundi 18 septembre, 17h-19h, ENS salle 235C
  • Histoire de la frontière terrestre sino-vietnamienne : héritage de l’époque coloniale française au Vietnam
  • Le Vietnam et la Chine partagent une frontière terrestre plus de 1400 kilomètres qui se déploie sur une région montagneuse au Nord du Vietnam et au Sud-ouest de la Chine. La frontière sino-vietnamienne est non seulement une ligne délimitant les deux territoires mais encore un reflet des relations entre les deux pays. L’histoire des relations sino-vietnamiennes change sans cesse, et par conséquent, influence directement la question de la frontière. Cette question a pris des visages différents selon le contexte historique. Une première étape est le traité entre la France, puissance coloniale, et la Chine. La France, souhaitant obtenir des avantages commerciaux en Chine, a accepté des concessions territoriales. La délimitation de la frontière sino-vietnamienne constituait une base pratique et juridique, d’une part, mais d’autre part, causait des litiges entre les deux pays à l’époque postcoloniale.

 

  • Vendredi 22 septembre, 15h-17h, ENS salle Beckett
  • La question de la frontière dans le golfe du Tonkin
  • La question de la frontière dans le golfe du Tonkin entre le Vietnam et la Chine durant plus d’un demi-siècle apparait à l’ère de l’époque coloniale française au Vietnam. Cette question fut abordée pour la première fois à l’époque coloniale par la France et la Chine en même temps que la frontière terrestre. Dans le processus de délimitation frontalière terrestre, ce golfe fut délimité par la Convention de 1887. Cette délimitation ne fit aucune difficulté et dès lors (1887) aucun autre accord ne devait être conclu au sujet de la frontière dans ce golfe entre la France et la Chine jusqu’à la fin de l’époque coloniale. La question du golfe du Tonkin fut soulevée par le Vietnam et la Chine à partir des années 1950 au sujet de l’exploitation des pêches et des gisements dans le golfe. Cependant, à la différence de la question terrestre, la délimitation du golfe décidée entre la Chine et la France ne constitua non seulement pas une base juridique mais encore causa des tensions entre la Chine et le Vietnam. Les deux côtés ne purent se mettre d’accord pour le partage des ressources et des zones d’influence. Des négociations s’ouvrirent mais sans résultat. Comme dans le cas de la frontière terrestre, la question du golfe du Tonkin ne fut réglée qu’après la normalisation en 1991 entre les deux pays. Les deux côtés, finalement, consentirent à faire des concessions réciproques pour atteindre une solution commune. Le partage du golfe selon la méthode de médiane fut accepté par les deux côtés. Le Traité de délimitation de frontière dans le golfe du Tonkin en 2000 met un point final au conflit sur la ligne frontalière dans le golfe entre la Chine et le Vietnam.

 

  • Jeudi 28 septembre, 17h-19h, ENS salle 235C
  • La Chine, l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) et les frontières maritimes du Vietnam
  • La question de souveraineté du Vietnam dans la mer de l’Est est toujours très complexe. Elle est la cause majeure de la séparation et du désaccord entre la Chine, l’ASEAN et le Vietnam. Elle est aussi la cause de désaccord interne entre les États de l’ASEAN, actuellement. Depuis le début du XXIe siècle, la tension dans le litige opposant la Chine à plusieurs États d’Asie du Sud-est continue en effet de prendre de l’ampleur. La solution de règlement de ce problème est, semble t-il, toujours dans l’impasse. Cette étude tente d’aller plus loin sur quelques aspects de la questions : Conflits en mer de Chine méridionale entre la Chine, l’ASEAN et le Vietnam : la nouvelle tension revient au goût du jour, au XXIe siècle ? La politique de la Chine pour l’ASEAN et le Vietnam : « diviser pour conquérir » ou « coopérer pour régler » ? L’ASEAN : Solidarité ou Division ? Quelle est la politique du Vietnam face à la question des frontières maritimes ?

 


  • Entrée libre dans la limite des places disponibles

    Les conférences auront lieu en Français

    18 et 28 septembre 2017
    17h00-19h00
    salle 235C (2e ét. aile gauche)
    ENS, 29 rue d’Ulm, 75005

    22 septembre 2017
    15h00-17h00
    salle Beckett (rdc esc. A)
    ENS, 45 rue d’Ulm, 75005


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