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Dernière modification : 2 septembre 2016

Pierre angulaire : la Bible au croisement des disciplines

Journées de rencontre

  Sommaire  

 

 Résumés

 

Olivier-Thomas Venard (ÉBAF – O&M) : La Bible comme lieu de rencontre entre l’École biblique et archéologique française de Jérusalem et l’École normale supérieure : le programme de recherches « La Bible en ses traditions »

Née d’un constat d’obsolescence scientifique et littéraire fait lors de la dernière révision d’importance de La Bible de Jérusalem, aux alentours de l’an 2000, «  La Bible en ses traditions  » fut d’abord un projet éditorial. Au fil des expériences, des colloques et des années, le projet éditorial s’est mué en un véritable programme de recherches interdisciplinaire et international, et s’est doté d’une technologie digitale très innovante. C’est dans ce cadre que l’ÉBAF s’est rapprochée institutionnellement de l’ENS, pour permettre à de jeunes intellectuels français de haut niveau de venir passer un semestre ou une année à Jérusalem comme assistants de recherches. Nous décrirons le programme de recherches et ses objectifs, et préciserons les offres de collaboration proposées par l’ÉBAF aux universitaires parisiens dans le cadre de ce programme.

 

Tiphaine Lorieux (ENS), Anne-Claire Lozier (ENS), Élisabeth Vuillemin (ENS) : Présentation du séminaire « BesT » d’élèves organisé à l’ENS : quelques résultats du séminaire 2014-2015 sur Mt 5, 1-11 (les Béatitudes)

Lancé suite à la contribution de l’un de ses participants au programme «  Bible en ses traditions  » à Jérusalem, ce séminaire d’élèves se veut un des lieux de collaboration des deux institutions (ÉNS – ÉBAF), en permettant aux élèves et jeunes chercheurs de développer ensemble des recherches personnelles et originales autour d’un objet commun (la réception du sermon sur le montagne en Mt 5-7, et particulièrement l’année dernière des Béatitudes) et dans un esprit pluridisciplinaire. Nous évoquerons la méthode adoptée avant d’exposer brièvement quelques-uns des résultats obtenus.

 

Jean-Baptiste Humbert (ÉBAF – O&M) : La polémique à propos de l’emplacement du Temple de Salomon : aux origines du Temple de Jérusalem

Le Temple est au centre de la recherche archéologique de Jérusalem, en dépit qu’aucun vestige n’en est visible. Son emplacement a été l’objet de débats. L’archéologie doit alors s’intéresser à l’histoire de ses origines. La théologie l’attribue à Salomon. Une telle attribution serait tardive sans que l’on puisse préciser le temps de son institution. Le sujet renvoie au passage des rites cananéens à un temple progressivement unificateur.

 

Rosemary Le Bohec (ÉBAF) : Recherche sur la Palestine ancienne : Tell el-Far’ah-Nord, un site aux enjeux archéologiques, historiques et bibliques (Tirza de Samarie)

Pierre angulaire, au croisement des disciplines, le site de Tell el-Far’ah se joue des domaines d’études et de leurs limites trop étroites. Depuis son identification à Tirza, capitale temporaire du Royaume d’Israël, et les fouilles qui y furent menées dans les années 1950 par le Père Roland de Vaux de l’École Biblique, l’étude de la cité antique a ouvert autant d’axes de recherches essentiels à la connaissance de l’histoire de la région qu’elle a su conserver de secrets et de mystères.
Depuis quelques années, elle attire à nouveau l’intérêt des chercheurs. Quatre millénaires d’occupation, des vestiges archéologiques suffisamment imposants pour poser les jalons d’une compréhension globale des périodes d’occupation des Hautes Terres de Palestine et une évocation de la cité dans le texte biblique comme capitale d’un royaume du Nord sont autant d’attraits qui rendent l’étude du site de Tell el-Far’ah incontournable.
Reprendre des recherches sur le terrain plongerait la cité dans les grands débats académiques actuels. Qu’il s’agisse de l’émergence d’un urbanisme florissant en Canaan à l’aube de l’Histoire, ou d’une lutte de pouvoir et d’influence entre les grands empires du Proche-Orient et de l’Égypte au deuxième millénaire avant notre ère, les domaines d’études envisagés permettent une approche diachronique de l’histoire du site. L’époque du Fer ouvre également des perspectives de recherches essentielles tant dans les domaines historiques que bibliques. Si les chercheurs peinent toujours à s’accorder sur les cadres chronologiques des évènements de cette période, la fonction même de la cité conserve bien des zones d’ombres. L’étonnant glissement d’autorité d’une capitale à l’autre au pied du Mont Ebal au IXe siècle avant notre ère pousse à s’interroger sur les relations que la cité de Far’ah noua successivement avec Sichem puis Samarie. Bien que fouillée davantage que d’autres sites, une grande partie du tell reste encore inexplorée et demeure donc une source d’informations sous exploitée. Atout inestimable qui fait de Tell el-Far’ah, un site aux enjeux majeurs et prioritaires vers lequel se tournent à nouveau tous les regards.

 

Alessia Venanzi (O&M) : Ivoires et sceaux en Syrie du Sud au début du Ier millénaire : parallèle iconographique et stylistique

Dans le territoire méridional de la Syrie, en particulier aux IXe-VIIIe siècles avant J.-C., période correspondant à la montée en puissance du royaume de Damas, on trouve une grande production dans les «  arts mineurs  », qui s’exprime notamment à travers la fabrication d’ivoires et de sceaux inscrits. Par l’analyse et la comparaison entre différents exemplaires des deux productions artistiques, on cherchera à mettre en évidence les dessins et les modèles iconographiques adoptés, comme le sphinx et le scarabée ailé et un style défini «  intermédiaire  », typique des ateliers de Damas.

 

Dominique-Marie Cabaret (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne – ArScAn – ÉBAF) : L’urbanisme du nord de Jérusalem – IIe s. av. J.-C. - IIe s. ap. J.-C. Quelques perspectives

Entre le début du IIe siècle avant Jésus-Christ et la fin du IIe siècle après Jésus-Christ (soit durant quatre siècles), la ville de Jérusalem a connu de profonds bouleversements. Alors qu’elle n’était encore qu’une petite ville regroupée autour de son quartier historique lors de la conquête d’Alexandre le Grand, elle connut un développement extraordinaire qui la conduisit, sous l’impulsion des Hasmonéens, des Hérodiens et des Romains, à devenir une superbe ville à l’urbanisme majestueux. Un à un, de nouveaux quartiers ont été construits dans le nord de la ville, encerclant ainsi le Temple, tel un écrin autour de son joyau. La transformation de la ville en colonie romaine au IIe siècle n’est que l’étape ultime de cet urbanisme dynamique qui, malgré les révoltes et les destructions successives, a permis à la ville de Jérusalem d’atteindre son extension maximale qu’elle ne dépassera qu’à l’époque contemporaine.
Sur la base d’hypothèses fondées sur les recherches archéologiques les plus récentes et en s’appuyant sur les sources historiques, cet exposé proposera une nouvelle chronologie et une nouvelle compréhension du développement de l’urbanisme de Jérusalem tout au long de cette période.

 

Laura Vié (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – ArScAn) : La céramique de cuisson romano-byzantine en Palestine et Jordanie : Une première approche

La poterie de cuisson, dite «  culinaire  », est un matériel archéologique très présent parmi les ensembles de céramiques issus des sites d’époque romano-byzantine, aussi bien en Palestine qu’en Jordanie. Ce terme regroupe un nombre relativement important de formes, telles que des marmites, des coquelles, des caquelons, des casseroles, des poêles ou encore des bouilloires. Cependant, jusqu’à présent, peu de chercheurs se sont intéressés à ce sujet de manière globale pour le sud du Levant.
Bien que la poterie «  culinaire  » paraisse au premier abord très diversifiée dans leur morphologie, il est possible de mettre en évidence des formes plus récurrentes, afin d’entreprendre une première typologie à grande échelle. De ce constat découlent d’autres observations importantes comme leur diffusion, parfois sur de grandes distances.
Si les aspects «  scientifiques  » de la production commencent à être mieux appréhendés, d’autres, comme les ateliers dont sont issus ces poteries, sont encore mal connus.
L’étude de cette catégorie particulière de céramique commune et utilitaire souffre donc d’un manque de connaissances important sur de nombreux points. Cette première approche se base sur l’étude de poteries provenant principalement des fouilles effectuées à Jérusalem, Gaza et Khirbet es-Samra par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem. Elle se propose de donner un point de départ aux réflexions sur ces céramiques si particulières.

 

François Villeneuve (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne – ArScAn – IFPO) : Entre Bible et Coran : Hégra, 110 ans après Jaussen et Savignac

Si loin de Jérusalem, Hégra, au cœur du Hejjâz septentrional, n’est pas plus proche de La Mekke. À l’époque des visites des Dominicains Jaussen et Savignac, ce lieu, dit depuis le XVIIIe siècle Meda’în Sâlih, était le bout du chemin de fer de Médine en cours de construction. L’ethnologue et l’archéologue de l’École biblique en firent le bout du monde nabatéen puis du monde romain. C’était très probablement exact : mais ce grand site urbain avait aussi des données à livrer sur le volume de ses relations avec le sud est avec l’est. Quelques-unes apparaissent au fil des recherches lancées en surface depuis 2001 par une équipe française, en fouilles depuis 2008 par une équipe franco-saoudienne. Plus d’un siècle après la sublime Mission archéologique en Arabie, moins de deux mois après la parution du monumental Tombeaux nabatéens de Hégra dirigé par L. Nehmé, on peut évaluer les apports respectifs de deux grandes étapes scientifiques séparées par cent ans de relative latence. Ce n’est pas dans les domaines brûlants ou sensationnels que se situent les nouveautés — il n’y a toujours pas de christianisme antique à Hégra  ; on n’en sait pas tellement plus sur les Juifs dans cette ville, ni sur le sens à donner à la leçon coranique relative aux Thamoud frappés par Dieu dans leurs demeures rupestres. Mais on commence à ramener les étapes nabatéenne et romaine à leurs proportions (importantes, mais limitées sans doute à respectivement un siècle et demi et un autre siècle et demi, au maximum) dans une histoire longue désormais de près d’un millénaire. Et bien sûr, l’œil d’aigle de Jaussen et Savignac l’avait bien vu, les tombeaux rupestres ne sont pas tout  !

 

Dominique Briquel (CNRS – AOrOc) : Romulus et Rémus, Jacob et Esaü : des histoires de jumeaux parallèles

Le fondateur de Rome, Romulus, est connu pour avoir tué son frère jumeau Rémus, commettant un crime horrible que les Romains ne savaient expliquer et qui n’apparaît dans aucune des nombreuses légendes de jumeaux que connaissait l’Antiquité gréco-latine. Mais l’hostilité entre deux jumeaux se rencontre ailleurs dans certaines légendes de jumeaux, notamment celle de Jacob et Esaü. Si, dans la Bible, elle ne va pas jusqu’au fratricide, ce n’est pas le cas dans des versions post-bibliques, où Esaü est tué par Jacob qu’il est venu attaquer. On peut envisager dans les deux cas un recours parallèle à la thématique de la gémellité  : des deux frères, l’un apparaît comme l’aîné (Rémus à Rome, Esaü dans la tradition biblique) et à ce titre apparaît comme lié à un stade antérieur, dépassé de la civilisation ; son frère, plus jeune, moins efficace dans le monde sauvage, précivilisé, le sera davantage dans un monde plus développé et c’est pourquoi c’est à lui qu’il reviendra de fonder le groupe humain de référence (Rome avec ses trois tribus et trente curies, Israël avec ses douze tribus), son frère ne pouvant qu’être rejeté voire éliminé.

 

Gaëlle Thévenin (O&M – IFPO) : Aspects économiques et monétaires de Gaza à l’époque perse

Gaza à l’époque perse est héritière d’un passé riche en influences, en particulier en termes économiques. Si la position géographique et géopolitique qu’elle occupe à cette période est encore sujette à discussion, son rôle comme acteur de l’économie locale et méditerranéenne dans les sources est peu détaillé.
Les fouilles de Blakhiyah de Jean-Baptiste Humbert (1995-2012), associées à l’étude du trésor de Tell Rafah (2010) et à une collection monétaire privée, éclairent des pans surprenants de certains aspects économiques de Gaza.
La cité se démarque en associant au mouvement levantin de frappe monétaire du Ve siècle une forte influence culturelle grecque, ainsi qu’une trace évidente des apports locaux. Gaza est, à la suite des cités phéniciennes, un carrefour et un port commercial majeur sur la côte levantine, et sa circulation monétaire est le reflet d’une culture profondément méditerranéenne, à la fois locale et internationale, où se lisent des influences égyptiennes, grecques, perses et phéniciennes.

 

Étienne Nodet (ÉBAF) : Les esséniens, Qumrân, et ensuite

Les esséniens, connus depuis toujours par Philon, Pline et Josèphe, déroutent les commentateurs. Pourtant, l’hypothèse proposée ici est que le judaïsme rabbinique et le christianisme, tous deux d’origine marginale, ont de fortes attaches esséniennes. Les découvertes de Qumrân ont eu un rôle de clarification.
La méthode suivie consiste à suivre les institutions, en particulier calendrier, circoncision et signe d’alliance. On procède en quatre temps  : 1. la singularité «  pharisienne  » de l’État asmonéen de Judée depuis -167, longtemps refusé par les Israélites traditionnels  ; 2. l’émergence de l’autorité scripturaire au IIe siècle BCE, avec deux branches, sadducéens et esséniens  ; 3. origine égyptienne  : les esséniens sont une branche judéenne des thérapeutes de Philon (même nom), avec un pèlerinage à Qumrân (renouvelant le Gilgal de Josué)  ; 4. postérité juive et chrétienne.

 

Anca Dan (CNRS – AOrOc) : Les Juifs, parents des Grecs, amis des Romains : autour du projet collectif d’édition, traduction et commentaire des Antiquités Juives XII-XIII
(avec la participation de Marie-Christine Marcellesi, Étienne Nodet, Laurianne Sève, François Villeneuve)

Le premier livre des Maccabées (1 M 12) et les livres hellénistiques des Antiquités juives de Flavius Josèphe (12.225-228  ; 13.163-170) font état d’une étrange histoire  : au temps d’Areus Ier, roi Agiade de Sparte (309-265), et du grand prêtre Onias Ier (ou, comme l’indique Josèphe par un anachronisme particulièrement intéressant, Onias III), Spartiates et Juifs auraient échangé des ambassades au sujet de leur parenté remontant à Abraham et à sa famille de pasteurs nomades  ; ces échanges furent répétés en 144/143 av. J.-C., à l’initiative de Jonathan Maccabée. Or, ce lien est totalement isolé dans les traditions historiques et mythiques des deux peuples : certes, Juifs et Spartiates étaient reconnus pour leur vertu, en tant que bénéficiaires de lois d’inspiration divine, mais ils formaient aussi les ethnè les plus fermés du monde hellénique. Le but de cet exposé est d’expliquer cette parenté mythique, ses mécanismes érudits, son contexte historique et son objectif.
Dans un premier temps, nous essayerons de retrouver la généalogie qui a permis aux érudits d’inventer le lien de parenté ethnique, à partir de la Genèse, des fragments des historiens juifs du Second Temple et des historiens grecs hellénistiques (en particulier Diodore, Strabon et ceux dont nous n’avons conservé que des échos dans des scholies). Ces traditions convergent vers l’Égypte et ses contrées environnantes (la Cyrénaïque et l’Arabie-Phénicie) comme point de rencontre des ancêtres de deux peuples et de leurs clans au pouvoir. Dans la deuxième partie, nous expliquerons les liens historiques hellénistiques de chacun des deux peuples avec leur supposé point de rencontre. Enfin, dans un troisième et dernier temps, nous situons l’invention de la parenté dans le contexte du sénatus-consulte émis par Rome pour soutenir les Maccabées (1 M 8.23-30  ; Josèphe, AJ 12.417-419)  : Rome, elle-même parente mythique de Sparte par Tarente, aurait été sensible à cet exercice rhétorique auquel se prêtaient habituellement les communautés hellénistiques lors de leur traités de sympolitie. Sparte, affaiblie au IIe siècle av. J.-C., aurait été flattée par le rôle d’arbitre que cette légende lui octroyait. Les Maccabées, enfin, si opposés au parti hellénophone, auraient emprunté cette trouvaille à leur prédécesseurs de la première moitié du iie siècle par opportunisme politique, bien qu’elle fût contraire à la fois aux intérêts de leur clan.
L’idée de cette étude est née dans le cadre du travail d’édition, traduction et commentaire, réalisé avec François Villeneuve, Marie-Christine Marcellesi, Laurianne Sève et d’autres collègues, dans le séminaire de l’ENS, et continué par la suite avec Étienne Nodet, pendant cinq mois passés entre octobre 2014 et juin 2015 à l’École biblique de Jérusalem. Le résultat principal de cet effort conjoint, le volume contenant les livres 12-13 des Antiquités Juives de Flavius Josèphe, paraîtra bientôt dans la collection du Cerf.

 

Édith Parmentier (Université d’Angers – O&M) : L’image des rois bibliques dans les livres hérodiens des Antiquités

Les rois bibliques sont absents des chapitres hérodiens de la Guerre et des livres hérodiens des Antiquités, où seuls sont cités David et Salomon  ; encore ces derniers ne le sont-ils que de façon indirecte, à propos des monuments réalisés par le programme architectural d’Hérode. Néanmoins, le modèle de la royauté biblique apparaît comme une ombre portée sur le récit du règne d’Hérode, en particulier dans l’emploi du titre de «  roi des Juifs  ». Ce titre, qui est rare dans l’œuvre de Josèphe, où il n’apparaît en tout et pour tout que quinze fois, désigne d’anciens rois d’Israël dans la moitié des cas et, dans l’autre moitié, qualifie Hérode.
Les anciens rois d’Israël désignés comme «  roi[s] des Juifs  » sont Saül, David et Iéchonias, tous les trois dans un contexte de guerre entre peuples où cette titulature prend le contenu spécifique d’une royauté «  ethnique  » et même nationale. Par ailleurs, l’appellation se charge aussi d’un sens messianique dans le cas de David, puisqu’elle est associée par Josèphe à une prophétie. Or, l’historien applique le même schéma à Hérode, pour qui le titre de «  roi des Juifs  » est rattaché à une prédestination prophétique.
Ainsi, par le titre de «  roi des Juifs  », Flavius Josèphe établit une continuité entre les rois d’Israël et Hérode, alors même que cette titulature n’est validée par aucun texte historique ou officiel romain  : dans l’espace public (sources épigraphiques), Hérode apparaît toujours comme un roi à titre personnel, avec une titulature dont tous les éléments se rattachent à Rome («  ami des Romains  » ou «  ami de César  »). En lui appliquant la qualité de «  roi des juifs  », Flavius Josèphe propose une représentation de la royauté qu’il récupère de la tradition biblique. Il renforce la légitimité institutionnelle du roi par la conformité au modèle judaïque et, conformément à ses propres objectifs historiographiques, intègre le règne d’Hérode dans la continuité d’une histoire religieuse spécifique.

 

Jean-Michel de Tarragon (ÉBAF) : Les ressources de la numérisation de la photothèque pour la recherche : les photos anciennes comme aide à l’archéologie et à l’anthropologie religieuse

La numérisation du fonds ancien de l’École biblique / Couvent St-Étienne atteint environ 25 000 clichés noir et blanc – elle se poursuit, et chaque mois le chiffre augmente... Le point de départ était, en 2001, les 14 000 négatifs sur plaque de verre de l’École biblique. Le fonds s’est élargi, intégrant des collections inédites des communautés religieuses de Terre sainte, service rendu gracieusement en échange du Droit d’Usage, exhumant des fonds dormant dont même la Revue biblique n’avait pas eu connaissance, elle qui fut, avec les monographies, le principal vecteur de diffusion des travaux photographiques des PP. Séjourné, Jaussen, Savignac, Barrois, Tonneau, de Vaux, Benoit. L’obtention d’héritages photographiques d’anciens élèves (y compris de 1908-1909) enrichit le regard des professeurs dominicains par celui de leurs étudiants.
La quête de nouveaux fonds se poursuit en 2015-2016 par la numérisation des albums du Patriarcat Latin de Jérusalem (archives centrales à Jérusalem et du Grand séminaire de Beit Jala) et un début de contacts prometteurs avec les Arméniens apostoliques (une caisse de verre déjà saisie), qui furent pionniers à Jérusalem.
Par ailleurs, les diapositives couleur de nos générations ont aussi été numérisées, incluant toutes les fouilles archéologiques de l’École, depuis Qumrân, Keisan, la Jordanie et Gaza. S’y ajoutent des voyages orientalistes, y compris dans des pays actuellement en guerre. Cette documentation en couleur pourra se révéler précieuse (environ 40 000 diapositives en tout).

 

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