Accueil > Recherche > Professeurs invités > Invités 2013-2014 > Maria TSOUTSOURA

Dernière modification : 7 décembre 2016

Maria TSOUTSOURA

Professeure en Grèce
Invitée de Pays Germaniques – décembre 2013

Maria TSOUTSOURA - invité 2013/2014

En décembre 2013, le labex TransferS, l’UMR 8547 (Pays Germaniques) et l’Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine, invitent le Pr. Maria Tsoutsoura pour un cycle de 4 conférences.

 

 

 

Histoire de la construction d’une culture néohellénique à partir d’importation de notions et de modèles étrangers adaptés au contexte d’accueil

 

Mardi 10 décembre, 15h - 17h. Paris 4-Sorbonne, Bibliothèque du Centre de recherches sur la littérature française, Salle de séminaire G 633
Séminaire Edition critique, XIXe-XXe siècles. Sophie Basch
Lamartine et la Grèce : un exemple du paradoxe romantique en Europe orientale
L’impact du lyrisme lamartinien sur le romantisme grec est immédiat et direct chez les Phanariotes, respectueux des modèles antiques ou occidentaux ; il est plus subtil chez les Ioniens inspirés et inventifs, avant de s’imposer sur la convergence de ces deux mouvements fondateurs des lettres néo-grecques. Mais après l’enthousiasme suscité par ses envolées philhellènes, les Grecs se heurtent à l’admiration de Lamartine pour la Turquie, qui se manifeste à un moment de grande tension politique. Les nombreuses traductions de son oeuvre, souvent décisives dans les littératures modernes en Europe orientale, reviennent ainsi inlassablement vers les mêmes textes, sans cesse réinterprétés et réorientés, et font abstraction de nombreuses oeuvres comme le Voyage en Orient, malgré la grande sensibilité, l’intuition et souvent la clairvoyance de l’auteur vis-à-vis des pays visités.

 

Jeudi 12 décembre, 19h - 20h30. École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, Salle de Séminaire du CEA
Séminaire de grec moderne. Stéphane Sawas
« D’une mer à l’autre » : la poésie grecque de Solomos à Séféris
Les lettres grecques sont appelées à gérer une tradition millénaire, marquée par des discontinuités historiques et spatiales. Animés au xixe siècle par une conscience nationale naissante, les poètes phanariotes et ioniens comme Solomos et Kalvos, qui participent de plusieurs cultures, mettent pourtant déjà en cause la solidarité grecque et la politique occidentale. On reconnaît par la suite, dans les relations tendues entre Palamas et Cavafy au début du xxe siècle, l’opposition d’Athènes, nouveau centre helladique, avec l’hellénisme de la diaspora. Les prix Nobel de poésie attribués à Séféris et Elytis (1963, 1979), originaires respectivement de Smyrne et de Lesbos (île de la mer Egée très proche de la Turquie), semblent enfin insister après l’échange des populations, la Seconde guerre mondiale et la scission de Chypre qui fixent ses frontières, sur le rôle décisif de la Grèce aux confins de l’espace européen.

 

Mardi 17 décembre, 17h - 19h. École Normale Supérieure, 45, rue d’Ulm, salle d’histoire
Séminaire Penser la Méditerranée moderne et contemporaine, XVIe-XIXe siècle. Gilles Pécout, Wolfgang Kaiser, Bernard Vincent, Bernard Heyberger
Entre philhellénisme et socialisme : apogée et déclin de l’espace ionien (1823-1923)
L’union de l’ancienne République des Sept-Iles à la Grèce (1864) s’inscrit si bien dans les manoeuvres diplomatiques en Méditerranée orientale qu’elle fait parfois figure de date oubliée. Elle marque pourtant l’apogée d’une véritable renaissance romantique grecque qui, engendrée par le philhellénisme, présente une poésie de haut niveau, une philologie solide et un essor des genres dits mineurs. Résorbé par les institutions culturelles d’Athènes (de même que la tradition musicale et plastique, le système éducatif et l’architecture qui l’accompagnent), ce « siècle d’or » se termine avec la fin de l’irrédentisme grec et l’échange des populations (1922) qui annonce l’essor de l’idéologie marxiste. Instrumentalisée par la construction identitaire néo-grecque et opaque sur le plan international, la tradition cosmopolite dont ce siècle florissant est issu offre pourtant un paradigme des microstructures autour desquelles s’articule l’histoire européenne.

 

Vendredi 20 décembre, 9h30 - 12h30. École Normale Supérieure, 45, rue d’Ulm, Salle Beckett.
Séminaire Transferts culturels. Michel Espagne, Pascale Rabault
Les transferts culturels néo-grecs : entre Antiquité revisitée et espaces réorientés
Play Réactivée à partir du xixe siècle, une longue tradition médiatisée par l’humanisme occidental contribue à définir l’identité néo-grecque et à en établir les institutions dans un espace fortement symbolique, qui varie jusqu’à l’après-guerre en fonction des détours de la Question d’Orient. La langue grecque est à la fois source principale, enjeu politique, matériau et outil de cette construction identitaire, et son expression littéraire donne souvent lieu à des chefs-d’oeuvre piégés dans des malentendus durables. L’étude du domaine néo-hellénique implique ainsi une vue diachronique susceptible de relever l’historicité de l’objet culturel pour mettre en valeur, à travers ses propres dilemmes et ses propres ruptures, le dynamisme fondateur d’une transparence médiatrice importante et complexe, quoique souvent résorbée dans les représentations nationales.

juillet 2017 :

Rien pour ce mois

juin 2017 | août 2017

haut de page