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Dernière modification : 4 mars 2019

Maintenant la finitude
Peut-on penser l’absolu ?

Michel Bitbol

Maintenant la finitude
Crédits : Flammarion

Depuis plusieurs années, les « nouveaux réalismes » sont au cœur d’un vif débat philosophique. Ce livre y prend part en faisant la critique de l’une de leurs principales variétés, le « matérialisme spéculatif » de Quentin Meillassoux (auteur, en 2006, de Après la finitude). Il s’oppose à cette doctrine sur trois points.

Loin d’être un « étrange savoir » de philosophes ignorant les sciences, l’idée que les connaissances sont relatives au langage, à l’action et à la situation – voire à ce que l’on vit à présent – est la clé pour comprendre les théories physiques.
Loin de valoir « indépendamment des chercheurs », les faits « ancestraux » dont aucun être humain n’a pu être le témoin (comme le Big Bang) n’acquièrent leur sens que relativement à la recherche actuelle de leurs traces.
Loin d’être pensable, l’absolu demeure dans l’angle mort du savoir rationnel. L’absolu n’a d’ailleurs pas besoin d’être pensé pour être envisagé ; il se manifeste comme un saisissement silencieux, comme le choc de percevoir à l’instant la souveraine contingence de ce qu’il y a. En voulant réfuter le constat kantien de la finitude humaine, le matérialisme spéculatif débouche ainsi, contre son gré, sur une finitude plus extrême encore : celle de l’expérience présente singulière.
Par sa critique épistémologique, Michel Bitbol rétablit la réflexion philosophique contemporaine sur des bases sûres. Il montre que nulle spéculation, métaphysique ou post-métaphysique, ne peut prétendre à la connaissance. Et il confie l’absolu à l’ouverture contemplative.
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