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Dernière modification : 15 juin 2018

Le matériel et l’immatériel
Lignes de partage au XVIIe siècle

Jean-Pascal ANFRAY – République des Savoirs
Depuis 2018

Présentation

La question des rapports de la matière à l’immatériel est centrale pour comprendre plusieurs aspects de la philosophie du XVIIe siècle, non seulement pour appréhender les lignes de fracture entre les conceptions scolastiques et modernes, mais également pour saisir les différences entre les différentes options modernes.

Cette question ne se réduit pas à la question du rapport entre matière et pensée, réduction qui procède d’un prisme de lecture cartésien. L’un des enjeux du colloque organisé est précisément de resituer la distinction cartésienne entre res extensa et res cogitans dans son rapport d’une part au contexte scolastique d’où est absente cette dualité, d’autre part aux critiques émises par certains modernes à l’égard de la réduction cartésienne de la matière à la pure étendue. Ce qui par exemple réunit, par delà leurs différences, les objections des platoniciens de Cambridge et celles de Leibniz à l’encontre de Descartes, c’est l’idée qu’une explication complète des corps exige ou bien de recourir à des entités immatérielles, ou bien de modifier la conception de la matière.

Deux problèmes sont plus spécifiquement pertinents pour aborder cette question. Le premier est celui de l’activité et de la force et l’interprétation de la conception cartésienne qui paraît dépouiller la matière de toute activité propre. Le second problème est celui de la causalité finale et il s’agit de questionner alors la possibilité que certains phénomènes corporels requièrent une explication téléologique irréductible à l’intentionnalité d’un esprit pourvu de capacités cognitives.

Ces questions liées au statut de la matière sont au croisement de l’histoire de la métaphysique, de la physique et de la philosophie de l’esprit. Elles sont depuis peu l’objet d’un renouveau d’attention de la part des historiens de la philosophie moderne, en France et en Europe aussi bien qu’outre-Atlantique. L’organisation d’un colloque à Paris sur ce sujet offrira l’occasion d’un dialogue fécond entre ces chercheurs qui viennent d’horizons intellectuels différents.

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