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Dernière modification : 16 mars 2017

Youcef AIBECHE

Université Lamine Debaghine, Sétif (Algérie)
Invité AOrOc – mars 2016

Youcef Aibeche - invité du labex Transfers - mars 2016

Durant le mois de mars 2016, le labex TransferS et Amina-Aïcha Malek (AOrOc) accueillent Youcef AIBECHE, professeur d’Histoire antique à l’Université Lamine Debaghine Sétif 2 (Algérie) et Vice-recteur de la post-graduation et de la recherche.

 

 

Approche spatiale de la Maurétanie sétifienne et de la Numidie

La région Sétifienne se présente comme une région médiane, avec sa large plaine entourée de massifs montagneux élevés. Cette disposition lui a permis d’avoir un espace distinct et une image historique propre à elle : elle constituait la partie orientale de la province numide et la zone la plus intérieure de la Césarienne.

Contrairement à Cherchel, capitale de la Césarienne ou de la côte méditerranéenne, elle était particulièrement reliée à la partie occidentale de la confédération Cirtéenne avec laquelle elle se situait en continuité géographique.

Son ouverture vers le sud à travers le Hodna lui a permis de se positionner comme une région stratégique durant la transition entre l’Antiquité et le Moyen-âge.

Sa particularité historique, depuis l’Antiquité voir même depuis les premières traces de l’occupation humaine, est bien établie et attestée par l’épigraphie et les recherches archéologiques. Les études de St. Gsell, P. Massiera, L. Jacquot, P.-A. Février, ou P. Salama, conduisent à reprendre la réflexion par une approche spatiale. Les problématiques véhiculées par cette littérature offrent un support analytique et typologique formidable, et appellent à une démarche plus approfondie des facteurs de mobilité et d’échange depuis l’Antiquité en considérant cet espace comme une entité propre. Même si l’état des connaissances des grandes cités, telles que Cuicul ou Sitifis, semble complet, l’arrière-pays de ces sites, leurs réseaux de communication, leurs supports de production ou même leurs frontières (l’exemple de l’oued Ampsaga), n’ont pas été envisagées et ainsi nous échappent presque totalement. Notre recherche sera consacrée aux cités et leurs agglomérations par l’élaboration d’une carte archéologique qui s’appuie sur un regard croisé des sources épigraphiques et du matériel céramique notamment. Par cette démarche nous espérons aboutir à une meilleure compréhension des conditions d’évolution de l’intérieur du territoire du Maghreb antique.

Les premiers résultats du programme de recherche sur le site de Lambèse, Tazoult, conduisent à élargir le champ des prospections jusque-là cantonnées à la Sétifienne. En effet, les problématiques portées par une équipe pluridisciplinaire sur la capitale de la Numidie et sa région permettent de vérifier nos hypothèses. Elles incitent à approfondir nos investigations menées, à une échelle plus large, sur la Sétifienne à l’intérieur du pays. Soulignons que depuis l’Atlas Archéologique de St. Gsell, qui date de 1911, seuls les travaux de P.-A.Février ont préconisé une démarche spatiale qui dépasse l’étude épigraphique. Il s’agira pour nous d’ouvrir cette démarche novatrice, à l’époque, à l’ensemble du territoire de la Numidie et la Maurétanie.

 

  • Mercredi 9 mars, ENS, 45 rue d’Ulm, salle F, 16h30-18h30
  • De Zabi à Sitifis, Glissement ou changement de capitale
  • Conférence du Pr. Youcef AIBECHE - 09/03/2016
    Crédits : ENS / AOrOc
La cartographie de l’itinéraire de la conquête musulmane du Maghreb a révélé des zones stratégiques qui avaient pris le statut de nouveaux centres de pouvoir régionaux, tels que Lambèse, Sbeïtla et Zabi. Ce phénomène reflète le souci de l’administration romaine et byzantine à maintenir sa domination, mais aussi l’émergence de nouvelles régions à forte densité humaine. Nous tenterons d’éclairer, à travers l’exemple de Zabi, le contexte historique et géographique de ce glissement vers le sud dès l’Antiquité tardive.

 

  • Mercredi 16 mars 2016, ENS, 45 rue d’Ulm, salle F, 16h30-18h30
  • L’arrière-pays de Cuicul, Algérie
  • Conférence du Pr. Youcef AIBECHE - 16/03/2016
    Crédits : ENS / AOrOc
Play Le site archéologique de Cuicul est connu pour sa richesse urbaine et épigraphique. Mais qu’en est-il de son arrière-pays ? Bien que ses communications avec le sud et l’est furent excellentes, sa connexion avec le littoral ne pouvait se faire qu’à travers un itinéraire tortueux et difficile. Cette situation géographique et topographique l’a conduite à tirer parti de son territoire et à fructifier la richesse agricole de ses compagnes. Cette présentation mettra l’accent sur les sites et les vestiges archéologiques de son arrière pays, à la lumière d’une prospection récemment effectuée dans le cadre d’un programme de recherche sur la carte archéologique de la région de Sétif. Elle permet de reprendre le problème des limites de la colonie de Cuicul et de montrer la densité de l’occupation rurale.

 


Youcef AIBECHE, Professeur d’histoire antique à l’université de Sétif 2, Vice-recteur de la post-graduation et de la recherche. Spécialiste de l’Antiquité tardive, il consacre ses recherches à la transition de l’Antiquité au Moyen-âge au Maghreb. Responsable de la carte archéologique de la région sétifienne qui englobe l’ancienne Maurétanie sétifienne, le Hodna et la partie ouest de la Numidie, il est également co-directeur du programme de recherche archéologique de Lambèse (Ministère de la culture algérien- CNRS-ENS) depuis 2014 et chercheur associé au CNRA (Alger). Il dirige aussi le projet de recherche du site antique de Milev et collabore à différentes fouilles notamment celle du site préhistorique de Ain el Hennech, Sétif.

Bibliographie sélective :

  1. Milev. Étude d’histoire et d’archéologie, Publication de l’université de Sétif 2, Sétif, sous presse.
  2.  « Une nouvelle trace de l’occupation byzantine au sud de Sétif », dans Cl. Briand-Ponsart (dir.), Centres de pouvoir et organisation de l’espace, Actes du Xe colloque international sur l’histoire et l’archéologie de l’Afrique du Nord préhistorique, antique et médiévale, Caen, 2014.
  3. « La carte archéologie de la région de Sétif I, le dossier historique », Publication du laboratoire des études et recherches du Maghreb islamique, Université de Constantine, Constantine, 2011.
  4. L’occupation byzantine du Maghreb, étude de la vie sociale et économique, Dar Bahhae Eddine, Constantine, 2009- ISBN 8-66-948-9961-978, (en arabe).
  5. « Municipium Mopti  : le municipe de Mopt(h)i, entre Sétif et Cuicul », Antiquités Africaines, 43, 2007, p.47-67 (avec M. Christol).
  6.  « Sur une inscription de Mons (Algérie) de l’époque de Marc Aurèle », ZPE, 158, 2006, p. 251-258 (avec M. Christol).
  7. «  L’Aurès à travers les sources du VIe siècle », Revue des sciences humaines et sociales, Université Emir Abdel Kader de Constantine, Constantine, 2003.
  8. Le Mausolée royale de la Soumaa, dans G. Sennequier (dir.) Catalogue de l’exposition de l’Algérie aux temps des numides, Rouen, 2003, p. 97-100.
  9. « Yabdas ou le royaume de l’Aurès », Revue el Hiwar el fikrie, juillet 2001.
  10. « La Ville Maghrébine : entre l’Antiquité et le Moyen Age, Étude de quelques villes de l’Est Algérien (Numidie)  », Revue des Sciences Humaines - Université de Constantine, 5, 1996, p. 34-42.

 

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