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Projet scientifique
A - Cultures et périphérie
B - Penser en langues et traduire
C - Esthétiques de la translation
D - Histoire des sciences et décentrement
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A - Cultures et périphéries

A - Cultures et périphérie

Le premier volet a comme point de départ la culture matérielle (archéologie), les pratiques et des institutions (anthropologie sociale), l’histoire économique et sociale, la sociologie et la science politique, avec les dernières avancées de l’historiographie transnationale. Il vise à montrer comment des systèmes culturels considérés comme paradigmatiques se modifient à partir de leur périphérie et la transforment en retour. Les points d’ancrage particuliers sont choisis en fonction des avancées les plus marquantes au sein des disciplines concernées.

La Méditerranée et au-delà

La rencontre des civilisations indienne, chinoise, iranienne, avec la civilisation grecque introduite dans en Asie centrale par Alexandre et ses successeurs, séleucides ou gréco-bactriens, aboutit déjà à l’émergence d’une culture matérielle dont les fouilles mettent en évidence les caractères innovants, nés de ce métissage. La civilisation celtique se redéfinit au contact des influences culturelles venues du bassin méditerranéen et développe une koiné originale, aristocratique et rurale, avant de se dissoudre dans l’empire romain. La civilisation étrusque combine également les principaux traits des cultures de l’âge du Fer locales avec les influences orientalisantes qui traversent la Méditerranée au VIIIe siècle avant Jésus-Christ.

Dans le monde romain, la réception des modèles venus du centre passe par un processus d'adaptation locales, notamment en Italie, Gaule et en Afrique, qu'il serait erroné de traduire en termes de résistance politique. L'archéologie permet de suivre les vecteurs matériels par lesquels se font ces transferts, et qui sont les plus divers, allant des objets et modèles artistiques ou techniques, à la monnaie, aux parfums, voire à la circulation d'animaux de prestige.

Epistémologie des historiographies transnationales

La réflexion contemporaine sur l’historiographie au sens large, c’est-à-dire intégrant l’historiographie culturelle, tend à privilégier les configurations transnationales. Divers modes d’approche reposant sur des bases théoriques assez différentes se complètent ou se concurrencent. Le comparatisme mérite de faire l’objet  d’investigations historiques éclairant ses bases et les étapes de son déploiement. Les transferts culturels peuvent entrer dans une relation de complémentarité avec la Global History.  Les travaux sur l’histoire des « subalterns », voire sur les sociétés postcoloniales, complètent un vaste éventail d’approches concurrentes que  le LabEx a les moyens de saisir dans sa complexité.

Anthropologie sociale et internationalisation

On s’efforcera d’étudier la genèse sociale des concepts et des enjeux mobilisés dans les débats sur l’immigration, d’analyser les institutions intermédiaires mandatées pour appliquer les règles de droit, d’évaluer le poids de l’histoire coloniale dans la généalogie des discours et l’identité sociale des acteurs dans les politiques publiques. On analysera le changement d’échelle des pratiques familiales liées aux migrations professionnelles et à l’internationalisation des professions du « care » mais aussi le changement d’échelle de la régulation du capitalisme et des marchés du travail et des loisirs. On tentera de cerner la transformation des appartenances culturelles, religieuses, nationales et l’émergence d’une appartenance planétaire dans la perception des enjeux environnementaux et sociaux, les mobilisations politiques.